Test De Max Payne

Max Payne 3 - Revue

Il est clair que Rockstar sait comment corrompre les esprits les plus sobres. Des sexes-clubs latino de GTA III : Vice City aux bars délabrés et maisons closes de Red Dead Redemption, cette compagnie a toujours eu un goût prononcé pour la vue, les puanteurs et les plaisirs adulés des voyous. Et avec Max Payne 3, la troisième partie d'une franchise de jeu de tir basée sur le désespoir et le pessimisme et adaptée par le développeur finlandais Remedy Entertainment, il a mis au point un chef-d'œuvre à l'ambiance sombre sur le milieu du crime organisé, de la dépravation et de la violence.

Au début de l'action, Dan et Sam Houser (les frères énigmatiques qui contrôlent la puissante compagnie Rockstar et se chargent du côté créatif) ont fait ressortir leur obsession pour ce genre cinématographique. Se basant sur l'histoire d'un policier hanté qui cherche la rédemption en devenant garde du corps dans une grande métropole de São Paulo dominée par le crime organisé, le jeu intègre des éléments de Heat, Carlito's Way, Elite Squad et manifestement de Man on Fire, un hommage à Tony Scott pour détériorer la virilité et l'héroïsme voué à l'échec.

En effet, l'œuvre complète de Scott se retrouve dans cet opus. Le jeu révèle le caractère agonisant et torturé du personnage principal, la brutalité de l'ensemble des séquences orchestrées, et l'éclairage hallucinogène qui inonde chaque scène avec des couleurs jaune et orange qui brillent de mille feux. Ici, il ne s'agit pas que du style, mais aussi de la subjectivité. Payne est une épave ivre qui délire sur le meurtre de sa femme et de sa fille une décennie plus tôt. Son état d'esprit meurtri se transmet constamment à travers une multitude d'effets (d'un graphisme flou, en double, jusqu'à des couleurs saturées qui fleurissent sur l'écran comme des éclairs de migraines). L'objectif est de véhiculer cette situation psychologique de l'acteur, mais dans des mains moins assurées, ce jeu pourrait devenir très rapidement lassant et déroutant. Avec Max Payne, vous aurez affaire à la gueule de bois la plus trépidante que vous ayez jamais vécue.